La FCSB, « A l’ASSO» dans le Finistère.

400 bénévoles et salariés ont participé «A L’ASSO ! » le samedi 1er juillet au Campus UBO de Quimper. Ces états généraux de l’engagement associatif et du bénévolat organisé par le Conseil Départemental du Finistère avaient pour but de récolter la parole des associations pour contribuer à un livre blanc qui sera présenté en fin d’année, à l’occasion de la journée mondiale du bénévolat.

 

La FCSB partenaire…

Conférences, tables rondes, forum contributif, pitchs, ateliers… étaient proposés durant toute la journée. La FCSB, partenaire d’ « A L’ASSO !, a contribué à la co-animation de cette rencontre : Raymond JEGOU présent sur une table ronde « Relations associations-collectivités ; quelles perspectives ? », Jean DAVOUST animateur de débats mouvants « Bénévole, salariés, est-ce facile d’agit ensemble ? ».

2 conférences de qualité…

  • Pour faire face aux menaces qui pèsent sur le monde associatif, Jean Louis LAVILLE, sociologue, a rappelé 3 scénarios qui s’offrent à nous aujourd’hui.

– 1) Une mise au pas des associations par l’état qui considère les associations comme des prestataires devant remplir un cahier des charges. Les associations perdant leur autonomie deviennent alors de simples sous-traitants de collectivités, d’institutions….

– 2) La 2ème hypothèse consisterait à faire des associations un complément du capitalisme moralisé. Les associations seraient alors des «social business » (ex : les start-up arrivant de plus en plus dans le champ du social) et suivraient une gestion fondée sur la rentabilité avec des objectifs sociaux.

– 3) Le 3ème scénario, c’est la co-construction des politiques publiques pour rechercher un bien être collectif et faire évoluer la société. C’est leurs capacités à faire émerger dans l’espace public de nouvelles questions de société, de nouveaux enjeux, à l’instar de ce qui s’est passé avec l’écologie ou le Sida dans le domaine de la santé. Pour cela, il faut prendre en compte les initiatives associatives. Et les politiques publiques peuvent encourager les associations à se saisir, elles-mêmes, de certaines questions afin qu’elles deviennent des actrices sociales à part entière.

  • Hervé SERIEYX, vice-président national de France Bénévolat a ensuite présenté sa vision du monde associatif d’aujourd’hui.

Un défi de taille pour les associations ! Agir contre toutes les fractures du monde d’aujourd’hui : fracture numérique, familiale, professionnelle, éducative, intergénérationnelle, communautaire… Pour cela, faisons connaître et reconnaitre la force, la puissance des réseaux associatifs. « Il n’y a pas de crise du bénévolat ». Entre 2010 et 2016, le nombre d’associations est en augmentation (de 1,2 million à 1,4 million), le nombre de bénévoles (engagés dans une association) est passé de 11 millions à 13,3 millions (avec notamment une augmentation du bénévolat chez les jeunes + 33 %, et chez les 35 / 55 ans avec + 20%).

Hervé SERIEYX a ensuite rappelé ce pourquoi les français s’engagent dans une association.

– La recherche de sens, le projet

– L’appétit d’utilité sociale

– Le lien social, la rencontre

– L’épanouissement personnel

– Le don et le contre-don

Autre idée, » Les personnes s’engagent aujourd’hui plus pour des motivations liées à l’envie d’agir pour leur territoire que pour contribuer au changement de la société ».

5 idées pour faire vivre le monde associatif aujourd’hui

  1. Etre capable (en s’appuyant sur les nouveaux outils de communication), de présenter, d’expliquer, son projet associatif.
  2. Montrer son efficacité territoriale. Connaître les acteurs locaux, le territoire. Ne jamais travailler seul. « Nous sommes des facilitateurs d’innovation locales »
  3. Réfléchir à la gouvernance. » La suite d’une association se prépare. Il faut faire confiance, et accompagner les nouveaux bénévoles dans la prise de responsabilité »
  4. Présenter l’impact des associations sur la vie économique d’un territoire (valorisation du bénévolat, création d’emploi…)
  5. Etoffer la vie associative. «  Beaucoup viennent mais peu restent. Il faut sortir de notre entre soi. Il faut valoriser le bénévolat et s’appuyer sur les bénévoles contagieux pour renforcer nos réseaux… »

5 efforts à faire pour être contagieux : Les 5 E !

  1. Enthousiasme
  2. Ecoute
  3. Endurance
  4. Ethique
  5. Exemplarité

Une réflexion de fin de journée….

Il est essentiel de créer ou recréer une relation de confiance entre associations et collectivités. Pour cela, il est nécessaire que :

  • les collectivités s’appuient sur les ressources de leur territoire, sur les compétences des acteurs locaux, sur les savoir-faire des associations, sur les idées et les envies des citoyens. Le rôle des élus locaux n’est-il pas de faire vivre, d’animer leur territoire ? Dans ce cas, qu’ils évitent (lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre pour la population, un service petite-enfance, enfance, jeunesse…) de faire appel à des organismes extérieurs, à des sociétés privées qui, d’une part ne connaissent pas le territoire, d’autre part, recherchent prioritairement à atteindre des objectifs de rentabilité très souvent, au détriment du sens, du projet. Enfin, leurs préoccupations principales ne sont, ni de partir des attentes des publics, ni d’associer les habitants au fonctionnement et aux prise de décisions. «  C’est plus simple, on gagne du temps et ça coûte moins cher… » disait un maire récemment rencontré. C’est peut-être plus simple (c’est-à-dire qu’il n’y a pas à concerter, à co-décider…), mais un maire n’est-il pas élu par ces co-citoyens ? Son rôle n’est-il pas de les représenter, de s’appuyer et de valoriser leurs compétences, de faire avec eux…bref, de leur faire confiance ? Nous savons que la vie associative est fragile et qu’elle repose sur des bénévoles (qui s’entourent de professionnels). La responsabilité d’une collectivité (élus et techniciens) n’est-elle pas dans ce cas d’accompagner, de soutenir, de former les acteurs de son territoire pour faire ensemble, plutôt que de faire appel à des organisations « prédatrices » prêtes à « sauter sur tout ce bouge » pour s’implanter et faire vivre lucrativement leur propre organisation ? Quant à la question du coût, il n’est vraiment pas certain si (comme le précisait Hervé SERIEYX) on valorise le bénévolat et la création de richesse d’une association pour son territoire… ,qu’ une collectivité soit gagnante à moyen ou long terme.
  • les associations (comme le soulignait Raymond à la table ronde) « doivent également balayer devant leur porte ». La crédibilité des associations passe par un projet associatif clair, partagé et bien présenté… par une gouvernance formée, compétente et représentative de la population… par une fonctionnement démocratique favorisant la participation des habitants… par la proposition de services de qualité co-construits à partir des ressources et avec les acteurs du territoire…

La relation de confiance pourra alors s’établir ou se rétablir. Un autre paramètre important pour créer ou récréer ce lien est la volonté réciproque de travailler de manière partenariale. Comme une collectivité se doit de travailler avec l’ensemble des associations de son territoire, les associations doivent réciproquement (quelque soit la municipalité en place) faire preuve d’une volonté partenariale et faire en sorte que le projet associatif et le projet politique d’une collectivité puisse à un moment donné se croiser…

Article écrit par : Jean Davoust



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